Saviez-vous que le plateau de Satory, fut jusqu'au milieu du XIXème siècle partagé entre lieu d'attraction pour la haute société et terrain militaire ?
La vocation militaire du site date du règne de Louis-Philippe, lorsque le ministre de la Guerre fait mettre à disposition des troupes en garnison à Versailles un champ de manoeuvre de 30 hectares environ sur le plateau de Satory.
Mais à cette époque, vers 1836, la municipalité de Versailles établit au même endroit un hippodrome. La proximité de la capitale, la facilité des moyens de communications et la beauté du lieu attirent la haute société versaillaise et parisienne. Les courses ont lieu en mai et juin. Des tribunes amovibles sont montées puis démontées après chaque réunion. Le maire de Versailles, Ovide Rémilly, a même obtenu que "le jardinier chef de Trianon dessinât le plan d'un parc pittoresque à Satory."
Mais la vocation militaire finit par l'emporter lorsque le futur Napoléon III qui aimait le site et venait y assister aux courses, y organisa en 1850 "une revue militaire pendant laquelle la cavalerie aurait, dit-on, pour la première fois crié "vive l'Empereur!".
Les courses à Satory connaissaient un déclin du fait de la forte concurrence parisienne, le déficit augmentait et la mairie ne voulait plus le combler; les rassemblements hippiques prirent fin en 1865. "Napoléon III céda à bail, à l'autorité militaire tout le plateau pour y établir un camp sous toile, destiné aux exercices d'été de la Garde Impériale."
Le camp de Satory se développa : "la partie occidentale fut réservée au polygone d'artillerie," (c'est à dire l'endroit où l'on exerce les artilleurs aux manoeuvres du canon et des autres armes à feu de grandes portée) "tandis que le polygone du génie et le champ de manoeuvre de la cavalerie trouvaient place à l'est". On commença à construire des installations mais les travaux furent interrompus par la guerre de 1870. En 1871, le camp de Satory fut le lieu de détention de nombreux communards. Un grand nombre y moururent de maladie ou de blessures, et 23 y furent fusillés et inhumés sur place, entre l'étang de la Martinière et le "Mur des Fédérés."
Après la Commune les aménagements continuèrent: en 1909, on construisit des hangars pour les aéroplanes, les casernes du 5è Régiment du Génie fondé en 1889, celles de l'infanterie (24° R.I), du 503è régiment de chars de combat après la guerre de 1914, et plus tard des gendarmes mobiles.
Sources: Versailles aux 3 visages,ed.Lefebre,1980,pp 554, 600, 647-648.